Ebola en RDC : 5 372 morts et un taux de létalité de 51,6 %

Ebola en RDC : 5 372 morts et un taux de létalité de 51,6 %

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a franchi le cap des 5 300 morts. Le dernier bulletin officiel, publié dimanche 1er novembre, recense 5 372 décès pour 10 414 cas confirmés au 30 octobre, avec un taux de létalité de 51,6 %.

Le bilan s’alourdit, mais il ne traduit pas une brusque aggravation. Selon Africanews, qui cite le rapport de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), la hausse vient en partie d’une mise à jour rétrospective des données de la province d’Ituri. Les autorités sanitaires congolaises ont corrigé des chiffres antérieurs, sans annoncer de flambée nouvelle.

La flambée la plus meurtrière du pays

Déclarée en mai 2026, cette épidémie est la dix-septième que connaît la RDC, rappelle la BBC. Elle est déjà la plus meurtrière de l’histoire du pays : la précédente, entre 2018 et 2020, avait fait 2 299 morts.

Le virus en circulation appartient à la souche Bundibugyo. Aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’existe contre elle, précise la BBC. Cette particularité complique la riposte, dans un pays où les équipes soignantes doivent isoler les malades et tracer les contacts sans arsenal préventif éprouvé.

Ebola en RDC : un front qui s’étend

L’épicentre se situe en Ituri, dans l’est du pays, une zone marquée par les conflits armés et les déplacements de population. Huit des vingt-six provinces sont touchées, selon la BBC.

L’épidémie ne se limite plus à la RDC. Le Monde rapporte que la flambée a franchi plusieurs frontières, avec des cas signalés en Ouganda, au Kenya et au Nigeria. Le quotidien français évalue à plus de 5 300 le nombre de morts sur le continent, dont l’immense majorité en RDC.

Un répit local, une crise plus large

Sur le terrain, un signe encourageant : le centre de traitement de Médecins sans frontières à Mongbwalu, en Ituri, ne comptait plus aucun patient atteint du virus pour la première fois depuis mai, rapporte Africanews. L’épidémie se poursuit pourtant ailleurs.

La crise sanitaire s’ajoute à une crise alimentaire. Selon ONU Info, 28,8 millions de personnes, soit près d’un quart de la population congolaise, font face à une insécurité alimentaire aiguë. Les conflits, les déplacements et les épidémies, dont Ebola, aggravent une situation déjà précaire.

La suite dépendra de la capacité des équipes à atteindre les zones isolées et à financer le suivi des malades. Sur le front des fièvres virales, la leçon des crises passées reste la même : la détection rapide pèse plus que la riposte tardive. Le précédent du Hantavirus et de l’alerte de l’OMS en Espagne avait déjà montré la fragilité des dispositifs de veille.

Sources

Ange Kanga

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