Éthiopie : 50 000 déplacés ont fui vers le Kenya
Près de 50 000 personnes ont franchi la frontière entre l’Éthiopie et le Kenya pour fuir les combats dans le sud éthiopien. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a alerté mercredi 28 octobre sur l’aggravation des besoins humanitaires.
Les affrontements opposent les forces armées des régions Somali et Oromia. Ils ont éclaté le 20 octobre après le hissage d’un drapeau de la région Somali dans la ville de Moyale, que se partagent les deux régions. Les violences ont fait plusieurs victimes et provoqué un exode vers le Kenya voisin.
Un afflux continu depuis le 22 octobre
« Depuis le 22 octobre, d’importants mouvements transfrontaliers ont été signalés », a indiqué Fatima Mohammed-Cole, représentante du HCR au Kenya. Le chiffre de 50 000 personnes reste provisoire : les opérations d’enregistrement et de vérification se poursuivent, et de nouveaux passages sont signalés chaque jour.
À Moyale, côté kényan, des milliers de déplacés attendent leur enregistrement. L’école primaire Al-Huda a été transformée en centre d’accueil, rapporte Africanews. Les nouveaux arrivants bénéficient d’un statut de protection internationale temporaire, en attendant une prise en charge humanitaire.
Femmes et enfants en première ligne
Les femmes et les enfants forment la majorité des personnes ayant fui. Certaines ont trouvé refuge chez des proches ou dans des familles d’accueil ; d’autres sont hébergées dans des écoles, des églises ou des sites provisoires.
Le HCR a déployé une équipe d’urgence à Moyale et mobilise des articles ménagers ainsi que du matériel pour construire des abris, destinés à près de 12 000 personnes. L’aide alimentaire constitue la priorité, mais l’eau potable, les installations sanitaires, les abris et les soins de santé manquent aussi.
Une crise qui s’ajoute aux autres
Ces violences interviennent dans un pays déjà marqué par plusieurs fronts. Les forces fédérales affrontent depuis des années des mouvements rebelles en Oromia et en Amhara, les deux régions les plus peuplées. Des combats ont repris au Tigré après une accalmie, et les tensions avec l’Érythrée alimentent les craintes d’une nouvelle déstabilisation dans la Corne de l’Afrique.
Le HCR collabore avec le gouvernement kényan, la Croix-Rouge et d’autres organisations pour appuyer la réponse. L’agence prévient que le nombre de réfugiés pourrait encore augmenter, alors que les opérations d’enregistrement se poursuivent.
Les besoins dépassent la seule urgence alimentaire : l’accueil de longue durée pèse sur les services kényans, déjà sollicités par plusieurs camps. Sur le continent, les crises de déplacés se multiplient, du Soudan à la Corne de l’Afrique, comme l’avait montré le don humanitaire ivoirien au Soudan en 2024.
