Atinkou : la centrale à gaz de 390 MW entre en service
Le Premier ministre Robert Beugré Mambé a mis en service vendredi 6 novembre 2026 la centrale thermique à cycle combiné d’Atinkou, à Jacqueville. Ses 390 mégawatts portent la puissance installée du parc électrique national à 3 337 MW.
L’ouvrage fonctionne au gaz naturel et a coûté 404 millions d’euros, soit environ 265 milliards FCFA. Il constitue, selon le gouvernement, un renfort pour la sécurité de l’approvisionnement du pays et pour la stabilité du réseau.
Le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a chiffré l’apport technique : la Côte d’Ivoire peut désormais produire 50 % d’électricité en plus avec la même quantité de gaz consommée. Le cycle combiné récupère la chaleur des fumées, ce qui explique cet écart avec une centrale à turbine simple. Une partie de l’électricité est ainsi produite sans consommation de gaz supplémentaire.
2 875 GWh par an
La production annuelle est annoncée à 2 875 gigawattheures. Elle sera injectée sur le réseau de transport par une ligne haute tension de 400 kilovolts qui ceinture Abidjan, un choix destiné à limiter les pertes et à soulager les zones les plus sollicitées.
La mise en exploitation commerciale en cycle combiné a été enregistrée le 13 décembre 2025, avant la cérémonie officielle. Le directeur général de la centrale, Bernard N’Guessan Kouassi, indique qu’aucun accident de travail n’a été relevé entre le début des travaux et cette mise en service.
Il souligne aussi la part des entreprises et des compétences locales, avec la formation de spécialistes à des qualifications rares dans la sous-région. Le projet s’appuie sur l’expérience d’Eranove dans la production indépendante, ouverte avec la CIPREL en 1994.
Objectif 11 400 MW en 2040
Atinkou s’inscrit dans une montée en charge plus large. La Politique intégrée des ressources minérales et énergétiques fixe à 11 400 MW la capacité à atteindre en 2040, soit le triple du niveau actuel. Le Plan national de développement 2021-2025 visait déjà plus de 3 000 MW.
D’autres chantiers sont en cours dans le thermique, l’hydroélectrique, le solaire et la biomasse. La demande nationale progresse sans pause, portée par les ménages, l’industrie et les services, et le pays revendique un rôle de hub énergétique pour ses voisins. Le pays devra aussi sécuriser ses approvisionnements sur la durée.
Reste la question du gaz, dont la disponibilité et le prix conditionnent la rentabilité de l’installation. Le marché international s’est montré volatil ces dernières années, comme l’a montré le scénario d’un prix du pétrole à 250 dollars et ses effets sur les économies importatrices.
