Guinée : l’orpaillage anarchique interdit, des milliers de Burkinabè rapatriés
La Guinée a interdit l’exploitation anarchique de l’or à Siguiri et organise le rapatriement de milliers d’orpailleurs burkinabè. Ouagadougou critique une opération qui bouleverse la vie de la région.
La décision figure dans un communiqué conjoint signé par cinq ministres, lu le 2 novembre à la télévision nationale. Elle fait suite à des missions d’inspection qui ont établi une « dégradation alarmante de l’environnement », selon les autorités.
Le texte cite la destruction des sols et du couvert végétal par les engins lourds, la pollution et l’ensablement du fleuve Niger et du Tinkisso, ainsi que l’usage de dragues, d’explosifs, de mercure et de cyanure. Ces pratiques sont interdites dans les lits des cours d’eau, les terres agricoles et les aires protégées.
Un dispositif sécuritaire déployé
Conakry a annoncé le déploiement permanent des forces de défense et de sécurité dans la région de Siguiri, avec des unités de l’armée, de la gendarmerie, de la police, des douanes et des conservateurs de la nature. Des contrôles sont instaurés sur les axes routiers et fluviaux.
Selon le ministre Morissanda Kouyaté, 409 Burkinabè et 66 Maliens figurent parmi les milliers d’orpailleurs arrêtés, aux côtés de ressortissants d’une dizaine d’autres pays, rapporte Linfodrome. Il lie l’interdiction à la protection de l’environnement et à la crédibilité du projet Simandou 2040.
Une purge administrative
L’opération s’accompagne d’un vaste mouvement administratif. Après 22 préfets, l’État a limogé 479 présidents de districts et de quartiers de la région, selon le ministère de l’Administration du territoire.
Cette décision vise, selon les autorités, à responsabiliser les relais locaux face à l’exploitation illégale. Elle modifie en profondeur l’encadrement de la zone, où l’orpaillage fait vivre des milliers de familles.
Le Burkina dénonce la méthode
Ouagadougou conteste la nature de l’opération, selon la BBC. Le rapatriement de ses ressortissants pose des questions humanitaires : accueil, emploi et réinsertion des familles revenues.
La fermeture des sites prive aussi les communautés locales d’une source de revenus. Les autorités guinéennes promettent une exploitation encadrée, sans préciser le calendrier ni les conditions d’accès pour les anciens orpailleurs.
Les autorités n’ont pas publié de calendrier pour les sites rouverts. Les organisations de défense des droits humains demandent un accompagnement des familles. Le sujet reste sensible dans la région. Le dossier illustre la difficulté à arbitrer entre protection de l’environnement et emplois informels. Il pèsera sur les relations entre Conakry et Ouagadougou, et sur l’image du secteur minier ouest-africain, comme d’autres dossiers d’actualité suivis par la rédaction.
Sources
- BBC Afrique, « Orpaillage en Guinée : ce que l’on sait du rapatriement de milliers de Burkinabè de Siguiri », 5 novembre 2026
- Linfodrome, « Les secrets de l’orpaillage à Siguiri révélés aux diplomates », 6 novembre 2026
- Linfodrome, « Siguiri : après les 22 préfets, l’État limoge 479 chefs de quartiers et de districts », novembre 2026
