Mali : six mois sans nouvelles de Mountaga Tall

Mali : six mois sans nouvelles de Mountaga Tall

Six mois après son enlèvement, l’avocat et opposant malien Mountaga Tall reste introuvable, tout comme son fils aîné. Amnesty International a demandé mardi 3 novembre aux autorités de transition de révéler ce qu’il est advenu des deux hommes.

Mountaga Tall, figure du Congrès national pour l’initiative démocratique (CNID) et ancien ministre, a été enlevé dans la nuit du 2 au 3 mai 2026 à son domicile de Faladié, à Bamako. Selon le Barreau du Mali, des hommes armés et cagoulés l’ont emmené au-delà de 23 heures, à bord de véhicules sans plaques d’immatriculation. L’enlèvement est survenu quelques jours après une vague d’attaques de groupes armés dans plusieurs régions du pays.

Son fils aîné, Cheick Mamadou Tall, a disparu le 16 mai. Il aurait reçu un appel de son père lui demandant de lui apporter des effets personnels, puis n’est jamais revenu. Amnesty International avait alerté dès le 4 mai sur le sort de l’avocat, puis le 18 mai sur la disparition de son fils.

Six mois de silence

Les autorités maliennes n’ont fourni aucune information sur le sort des deux hommes, ni sur le lieu où ils se trouvent. Des avocats de la famille ont engagé des démarches, sans réponse. Selon RFI, d’autres militants pro-démocratie enlevés en mai ont réapparu ces dernières semaines, et leur état de santé inquiète.

« Ces six mois d’incertitude et d’angoisse pour leur famille doivent cesser », a déclaré Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. L’organisation demande aux autorités de garantir un accès à la famille, aux avocats et à des médecins, et de présenter les deux hommes à un juge s’ils sont détenus.

Les avocats se mobilisent

Dès le 5 mai, le Barreau du Mali a publié une déclaration de protestation. Son bâtonnier, Souleymane Soumountera, dénonce un « acte extrajudiciaire » et une « pratique liberticide », et réclame la libération sans condition de son confrère. L’Ordre souligne que l’enlèvement s’est accompagné de la confiscation du téléphone portable de l’avocat.

Le 26 mai, la Conférence internationale des barreaux, qui réunit 42 pays, a exigé que toute la lumière soit faite sur le sort de Mountaga Tall et de son fils. En juillet, le Comité des Nations unies sur les disparitions forcées a appelé Bamako à les rechercher et à les protéger.

Le dossier illustre la pression qui pèse sur les voix critiques au Sahel. Il s’ajoute aux tensions politiques que suit la rédaction, comme le montrent les autres dossiers de la rubrique Politique.

Sources

Ange Kanga

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