Cinéma : le Maroc et la Côte d’Ivoire passent aux projets
Le Maroc et la Côte d’Ivoire veulent transformer leurs échanges cinématographiques en projets concrets : coproduction, formation et conservation des archives. La sixième Semaine du film marocain s’est achevée samedi 7 novembre à Abidjan.
Une délégation marocaine de responsables et de professionnels a été reçue vendredi 6 novembre par la ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck. L’ambassadeur du Maroc en Côte d’Ivoire, Othman El-Ferdaous, participait à la rencontre.
Les discussions ont porté sur le passage des échanges culturels à des projets opérationnels. Trois axes sont ressortis : la coproduction, le transfert de compétences et la création d’infrastructures pour les archives cinématographiques.
Un centre d’archives proposé
Le Centre cinématographique marocain a réaffirmé son engagement auprès des professionnels ivoiriens. La création d’un centre de restauration et de conservation des archives en Côte d’Ivoire a été proposée, un chantier qui touche à la mémoire des productions nationales.
Le lancement à Abidjan d’Obouo Play, plateforme africaine de vidéo à la demande, a été présenté comme un outil de diffusion des oeuvres du continent. L’enjeu est double : offrir un débouché aux réalisateurs et peser sur la distribution, longtemps tenue par des acteurs extérieurs.
La directrice générale de Côte d’Ivoire Cinéma, Diomandé Lison Johnson Fall, a résumé la méthode. « Nous n’allons pas nous contenter seulement de faire des échanges de films, nous allons faire aussi les formations », a-t-elle déclaré lors de la clôture.
Former avant de produire
Elle souhaite qu’une délégation de professionnels ivoiriens participe à la prochaine édition de la manifestation au Maroc. Cet aller-retour doit selon elle favoriser le renforcement des compétences et une meilleure valorisation des productions des deux pays. La formation reste la priorité affichée par les deux parties.
L’ambassadeur marocain a salué la mobilisation du public autour des projections et des rencontres. Il a encouragé les réalisateurs africains à intensifier leur collaboration pour produire de nouveaux récits et structurer la filière. Organisée à Cocody, la manifestation a permis au public ivoirien de découvrir des oeuvres marocaines.
La cérémonie a aussi rendu hommage à Nana Kadidia Touré Toumagnon, pour son engagement en faveur du cinéma africain, en particulier à travers la promotion du festival Clap Ivoire au Mali.
Reste à voir ce que produiront ces intentions. Les coopérations cinématographiques annoncées dans la région ont souvent buté sur le financement et la circulation des oeuvres. Le cinéma ivoirien, lui, continue de chercher son public, comme le montre le débat autour de la série Maquisards 2.
