Sénégal : le budget rectificatif rejeté pour la troisième fois

Sénégal : le budget rectificatif rejeté pour la troisième fois

L’Assemblée nationale sénégalaise a rejeté mardi 3 novembre le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, par 109 voix contre et 20 pour. C’est le troisième rejet de ce texte, jugé indispensable au redressement des finances publiques.

Les députés du Pastef, majoritaires au Parlement, contestent les prévisions de recettes et de dépenses, le recours à l’endettement pour financer les projets sociaux et la réduction des subventions à l’énergie, susceptible de peser sur le pouvoir d’achat.

Le texte devait ajuster le budget de l’État pour tenir compte des engagements pris auprès du Fonds monétaire international (FMI). Son rejet fragilise l’exécution budgétaire et complique les négociations.

Un accord de 2,2 milliards de dollars en suspens

Dakar espère un programme de soutien de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois, destiné à stabiliser ses finances. L’approbation du Fonds reste conditionnée à plusieurs exigences, dont la maîtrise des dépenses et la réduction des subventions énergétiques.

Le FMI et le Sénégal avaient trouvé un accord en vue d’un programme d’aide de près de 1,9 milliard d’euros le 1er septembre, rappelle Le Monde. Sa mise en œuvre dépend désormais du vote d’un budget conforme.

Un climat social tendu

Le bras de fer intervient dans un contexte de crise du coût de la vie, de chômage élevé des jeunes et de tensions sociales, après une grève générale de trois jours la semaine précédente.

La situation révèle aussi les divisions au sommet de l’État. L’alliance victorieuse de 2024 a éclaté après la fin des fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko en mai 2026. Les relations entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien chef de gouvernement se sont dégradées depuis.

Vers une dissolution de l’Assemblée ?

Faute de majorité, le président pourrait recourir à la dissolution de l’Assemblée dès le 2 décembre, selon plusieurs analystes cités par Africanews, afin de provoquer des législatives anticipées.

Le gouvernement n’a pas annoncé de nouvelle date de vote. Cette option reste risquée : elle prolongerait l’incertitude budgétaire et retarderait les décaissements attendus. Les partenaires financiers suivent le dossier de près, alors que le pays doit honorer des engagements auprès d’entreprises privées.

Le blocage illustre la difficulté à gouverner sans majorité parlementaire, un schéma que la région connaît aussi ailleurs. Il pèsera sur la crédibilité du programme économique, au moment où le pays tente de rassurer les investisseurs. D’autres dossiers de la rubrique Politique suivent cette même tension entre exécutif et Parlement.

Sources

Ange Kanga

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