Tanzanie : verdict attendu dans le procès de Tundu Lissu
Le verdict du procès pour trahison de l’opposant tanzanien Tundu Lissu est attendu vendredi 6 novembre à Dar es Salaam, sous haute sécurité. Sa famille dénonce un procès « purement politique ».
Tundu Lissu dirige le Chadema, principal parti d’opposition. Il a été arrêté en avril 2025 après un meeting politique, puis inculpé pour trahison, une accusation passible de la peine de mort en Tanzanie.
Des membres de sa famille étaient présents au tribunal pour le verdict, selon RFI. La police a renforcé la sécurité autour de la Haute Cour, dans un contexte de tension croissante.
Un procès dénoncé comme politique
La défense conteste la procédure depuis l’ouverture. Ses avocats jugent l’acte d’accusation défectueux et affirment que l’infraction n’est pas définie avec précision.
Amnesty International dénonce une poursuite engagée pour avoir appelé au boycott de l’élection d’octobre 2025. L’organisation y voit un symbole du rétrécissement de l’espace politique et des poursuites contre les voix critiques.
Le pouvoir, de son côté, présente la procédure comme une affaire judiciaire ordinaire. La présidente Samia Suluhu Hassan n’a pas commenté l’audience à venir.
Une peine capitale possible
La trahison figure parmi les infractions les plus lourdes du code pénal tanzanien. Une condamnation ouvrirait une nouvelle phase de tension, alors que le pays sort d’une élection contestée.
La Tanzanie a longtemps été présentée comme un îlot de stabilité dans la région. Le verdict était attendu après plusieurs reports. Le procès dure depuis plus de dix mois. Ses partisans estiment que la durée et les reports successifs visent à épuiser l’opposant, détenu depuis son arrestation.
Plusieurs chancelleries et organisations de défense des droits humains suivent l’affaire. Une condamnation pourrait peser sur les relations de la Tanzanie avec ses partenaires, dans un pays qui mise sur son image de stabilité.
Le Chadema conteste la régularité du procès depuis l’ouverture. Ses avocats dénoncent des reports répétés et un accès limité au dossier. La défense a demandé l’annulation de la procédure.
Une condamnation relancerait la contestation politique. Les partis d’opposition dénoncent déjà les restrictions imposées lors des élections d’octobre 2025, et la rue pourrait réagir au verdict. Amnesty International réclame la libération de Tundu Lissu depuis son arrestation.
Les organisations de défense des droits humains dénoncent une justice sous influence. Quel que soit le verdict, il fera jurisprudence pour les partis d’opposition, déjà affaiblis par les restrictions électorales. Le dossier rappelle que la justice reste un terrain de confrontation, comme dans d’autres dossiers politiques du continent.
